Cast Away — Dans cette histoire plutôt touchante bien qu'infligeant un placement de produit FedEx au-delà du supportable, Tom Hanks livre une prestation magnifique mais dont j'ai du mal à "supporter" l'issue, probablement parce qu'à titre personnel, elle me parle pas mal et me fait donc un peu mal. D'ailleurs, je trouve le film assez inégal: la partie où notre héros est "seul au monde" est grandiose et immersive, mais les autres séquences sont bien moins maîtrisées à mon goût. Cependant, ça reste un bon moment que je n'oublierai pas.
Constantine —Je pense être tombé pour la première fois sur un film dont l'esthétique et l'ambiance m'ont littéralement scotché et énormément séduit, mais où l'histoire m'a grandement laissé sur ma faim, ne m'emballant jamais réellement. La faute à mon absence d'intérêt pour tout ce qui touche à l'occulte et aux histoires d'exorcisme. Mais à titre personnel, j'en retiendrai une séance globale de qualité: Keanu Reeves et (la très très jolie) Rachel Weisz constituent un duo vraiment accrocheur et ont su me faire aller, par le biais d'une performance d'acteurs séduisante, au bout d'une histoire qui ne me fascinait pas (et c'est dommage car sans ce côté paranormal, on pouvait tenir ici un thriller d'anthologie), mais à laquelle j'ai su me raccrocher jusqu'au bout tellement tout ce qui l'entoure est parfaitement réussi.
Million Dollar Baby — Troisième film consécutif "de et avec" Clint Eastwood. Et Morgan Freeman en plus. Une histoire poignante, dure, terriblement marquante. Je pense que je me suis retenu de ne pas finir en larmes parce que j'ai enduré la seconde moitié de ce film dans une salle d'attente de gare. Je ne sais pas si j'aurai envie de le revoir tellement ça m'a crispé, mais ce qui est sûr, c'est que c'est un film grandiose...
The Ninth Gate — À l'instar d'un Constantine évoqué plus haut, le côté un peu surnaturel aurait pu totalement tuer le film, bien que beaucoup moins présent et donc moins "pénalisant" selon mes critères pas du tout objectifs. Ici, j'ai eu l'impression de visionner davantage une sorte de Da Vinci Code du pauvre, mais fort heureusement emmené par un Johnny Depp toujours aussi efficace. Le pitch de base est qui plus est assez original, on voyage pas mal et les rebondissement scénaristiques sont tout à fait corrects. Pas indispensable mais un très agréable moment, ça va sans dire.
Silent Hill — Je vous rassure, sur un tel film, je ne vais évidemment pas critiquer l'aspect paranormal, vu que ça en fait partie. Toutefois, j'en ressors avec un ressenti extrêmement mitigé. La première heure est purement géniale et s'impose comme une référence d'adaptation réussie de l'atmosphère d'un jeu vidéo (en même temps, le titre d'origine est lui-même une sorte de déclinaison numérique parfaite d'un film d'horreur). La dernière demi-heure part trop en vrille et perd beaucoup de son côté glauque / oppressant via des scènes trop grandiloquentes qui ne s'imposent qu'à moitié; en même temps, cette adaptation ne brille clairement pas par son scénario mais davantage par son aspect visuel incroyablement fidèle à la saga. J'émets également quelques bémols sur le casting léger: pas que l'absence de noms "bankables" me dérange, mais aucun des acteurs ne m'a vraiment convaincu. Cependant, je serai indulgent et garderai principalement en mémoire les innombrables séquences rappelant à merveille l'angoisse vécue en se baladant dans les différents bâtiments de Silent Hill manette en main, tant les décors et l'ambiance ont été exceptionnellement bien réalisés.
Banlieue 13 — Je ne savais pas trop de quoi parlerait ce film. J'avais peur d'un gros nanar et suis en fait tombé sur un film d'action survitaminé sans aucun temps mort qui m'a rappelé The Raid (certes largement ultérieur). On pensera ce qu'on veut de Luc Besson mais dès qu'il est dans la place, un film français a de la gueule. Les pires banlieues franciliennes deviennent ici des no-man's land angoissants où seul un flic totalement cinglé oserait s'aventurer, tel un Max Payne français. Certes, côté dialogues et jeu d'acteur, ce n'est pas la panacée, mais quelles cascades, quelle réalisation, quel rythme de ouf! 1 h 25 pour ce genre de film c'est franchement parfait, et je me suis bien éclaté devant, c'est le principal. Bon par contre j'appréhende énormément "B13 Ultimate", j'hésite franchement à le voir. Une suite ne s'impose pas à mes yeux.
La Haine — La claque. Pure et dure. Un film d'une noirceur et d'une violence visuelle et verbale rares, mais incroyablement authentique, inoubliable. Bien que le film ne parvienne pas tant que ça à justifier l'excès d'agressivité débordante de ces jeunes à la moindre phrase ne leur convenant pas, on finit par s'attacher au trio de racailles que composent Saïd, Vince et Hubert, avec leurs histoires et leurs personnalités si proches et différentes à la fois. C'est parfaitement bien raconté, c'est poignant, on sent que ça finira mal, et je pense que je préfère infiniment ce type de film très cru et réaliste à un American History X certes excellent mais teinté de morale mielleuse qui gâche quasiment tout. Vincent Cassel est-il le personnage de racaille le plus crédible de l'histoire du cinéma français? Je n'en serais même pas surpris. Culte, complètement culte, mais à consommer avec modération.
Lock, Stock and Two Smoking Barrels — J'avais vu Snatch avant ce film et l'avais surkiffé, mais du coup, je dois revoir mon jugement vu que celui-ci est venu avant, et que c'est là que Guy Ritchie nous a pondu son Pulp Fiction à l'anglaise. Des personnages hauts en couleur, des destins croisés, des meurtres sanglants, des vols bien orchestrés, des petites frappes, des psychopathes en puissance, n'en jetez plus, c'est explosif, c'est teinté d'un humour très britannique, et on passe tout le film à se dire "mais qui parmi tous ces malfrats va se barrer avec les £ 500,000?" — recette que Snatch reprendra finalement un peu trop à l'identique à mon goût. Du coup je me le reverrai rapidement en tant que "suite" pour voir si je trouve que Guy Ritchie a manqué d'audace et de renouvellement, ou si on tient juste là un duo de films d'anthologie se complétant à la perfection. Quoi qu'il en soit, celui qu'on appelle "Arnaques, Crimes et Botanique" chez nous (très bon titre français pour le coup!) est complètement culte, je recommande vivement!
Dune — J'appréhendais ce film parce que j'ai du mal avec la pure science-fiction, je connais la réputation de David Lynch, et ça n'a pas raté: je ne suis pas vraiment rentré dedans et me suis relativement ennuyé. Je retiendrai cependant le côté kitsch des costumes et la présence de Sting (plutôt convenable) et d'un Kyle MacLachlan, acteur fétiche de Lynch, que je n'avais jamais vu aussi jeune, mais qui démontrait déjà un sacré potentiel. Mais aussi, si je ne suis pas rentré dans le scénario (comme de coutume avec ce genre de film), j'ai trouvé ce film impressionnant visuellement pour un titre de 1984. Le budget a dû être énorme et je pense que les moyens techniques mis en œuvre devaient se rapprocher de ceux d'un Alien sorti cinq ans plus tôt, car par de très nombreux côtés, il n'a pas vraiment pris de ride!
Taxi Driver — Je ne savais rien de l'histoire de ce Scorsese-là, juste qu'il y avait Robert de Niro et que c'était considéré comme un chef-d'œuvre cinématographique. Devais-je m'attendre à un thriller très 70s avec des poursuites en bagnole épiques à la Bullitt? Ou à une comédie dramatique à l'eau de rose basée sur un chauffeur de taxi solitaire et son existence un peu déprimante? Je n'ai pas été si surpris que ça en comprenant que ce film optait pour la seconde option. Outre le fait de "découvrir" le New York du milieu des "seventies" (ce qui, de base, me faisait déjà envie ^^), j'ai surtout été pris dans une sorte de "dramédie" dont l'issue peinait à se dessiner, à l'image d'un personnage principal exceptionnellement bien joué (bien que très dérangé et pas spécialement sympathique), et d'histoires en pagaille autour de lui nous amenant jusqu'à la révélation d'une Jodie Foster même pas adolescente et éblouissante de maturité dans un rôle vraiment glauque. Sans avoir à un seul moment "savouré" le film plus que ça, j'ai pourtant été captivé et en suis ressorti avec un verdict évident: c'est un très, très grand moment de cinéma. Et je me le reverrai sans l'ombre d'un doute tant il est bien raconté, tant chaque scène est bien joué, tant chaque personnage, quelle que soit son importance, est cohérent et convaincant.
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